Surfons sur la mode berlinoise

Bien sûr bon nombre d’entre nous vont s’énerver qu’on passe tant de temps de télé, de radio et autre à parler de la chute du Mur. Mais c’était quand même un si beau moment … D’où le lien de ce soir, vers 25  photos de l’agence Magnum publiées par Slate : Berlin, Berlin.

Publié dans: on 6 novembre 2009 at 22:03 Laisser un commentaire
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Lula “transpose”

Le mot “transposition” désigne le détournement d’une partie d’un fleuve brésilien pour irriguer la région la plus pauvre du pays. Il s’agit d’un projet voulu par le président Silva lui-même, mais qui est fortement controversé : des travaux pharaoniques pour irriguer le Nordeste (article du Monde ; lien à validité assez brève pour les non abonnés).

Publié dans: on 3 novembre 2009 at 17:12 Laisser un commentaire
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A propos du Mur

A propos du Mur … de Berlin, bien sûr, puisque 20e anniversaire oblige, on parle beaucoup de lui en ce moment. Deux liens à cliquer :

  1. 100 photos publiées sur le site L’Internaute, qui font la part belle à la chute du Mur mais sans négliger totalement les années qui précèdent.
  2. Un site allemand qui montre une carte permettant de localiser les vestiges encore visibles du Mur. La carte elle-même a une vertu pédagogique non négligeable, puisqu’elle montre bien que le Mur séparait certes la ville en deux, mais surtout entourait Berlin-Ouest.
Publié dans: on 30 octobre 2009 at 14:10 Laisser un commentaire
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La petite Dakar

L’Argentine n’est plus, aujourd’hui, connue pour être un grand pays d’immigration d’origine africaine. Cela est en train de changer, et le mythe de l’eldorado argentin retrouve un lustre nouveau.
On constate depuis deux ans un afflux important de migrants africains, essentiellement Sénégalais. Ceux-ci n’espérant plus trouver refuge dans une Europe qui se barricade et se replie sur elle-même, ils tentent l’aventure outre-Atlantique, dans un pays qui n’est pas prêt à les accueillir. Le nombre exact de migrants n’est pas connu, ne serait-ce que parce-que ceux-ci sont des clandestins et arrivent par le Brésil, où ils sont entrés avec un visa touristique. Néanmoins certains obtiennent le statut de réfugiés et ceux-ci sont de plus en plus nombreux.
Les migrants sénégalais s’installent dans un vieux quartier de Buenos Aires, où ils se mêlent au melting-pot déjà en place depuis longtemps : vieux quartier juif, ce quartier de Once est aussi celui où se mêlent des Chinois, des Coréens et des Paraguayiens. Ce sont néanmoins les Sénégalais qui marquent le plus les esprits aujourd’hui : le quartier en question est désormais surnommé “la petite Dakar”. Leurs conditions de vie restent précaires, à quelques rares exceptions près : victimes du racisme (l’homme à peau noire est inhabituel en Argentine), ils souffrent aussi de la crise économique qui marque durablement le pays (près d’un Argentin sur deux travaille au noir pour survivre, le manque de confiance dans le système financier est tel qu’à peine plus de 10% de la population détient un compte en banque, etc.). C’est donc le système D qui prévaut pour tenir le coup : petits commerces d’objets africains notamment. Petit à petit, cette population africaine tend à se faire accepter, notamment par sa cuisine, dont les saveurs épicés plaisent aux Argentins.

—> Source principale :

Publié dans: on 21 octobre 2009 at 16:34 Laisser un commentaire
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La Révolution Culturelle chinoise vue par deux Français

Redim-0En cette période de commémoration du 60è anniversaire de la naissance de la République Populaire de Chine, la plupart des journaux et magazines revient sur des pans de l’histoire chinoise ou sur d’autres aspects nettement plus actuels (le Courrier International de cette semaine, daté du 1er octobre 2009, publie ainsi un dossier sur les problèmes de l’eau en Chine). L’Express a ressorti de ses cartons un long article publié en octobre 1966 par deux Français qui se sont trouvés en Chine lors de la Révolution Culturelle, mais sans se connaître ni aux même endroits ni exactement en même temps, et qui ont témoigné de manière simple et concrète sur ce qu’il voyait.
Qu’est-ce qui les a marqués ? des slogans d’abord, qui ordonnent de détruire l’ordre ancien, puis cette destruction à l’œuvre, de sculptures religieuses notamment, mais aussi des livres, beaucoup de livres. Ils rapportent aussi les humiliations quotidiennes dont sont victimes les Chinois, surtout s’ils ont atteint un certain âge, comme le fait de porter un bonnet d’âne en public ou d’arracher de l’herbe à quatre pattes par terre. La violence des Gardes Rouges, exacerbée par l’enthousiasme de leur jeunesse (la plupart d’entre eux ont moins de 20 ans), est signalée par les deux témoins. Toute personne qui n’entre pas dans les cadres idéologiques est considérée comme “réactionnaire” et à ce titre blâmée, humiliée (les bonnets d’âne cités plus haut, mais pas seulement), maltraitée physiquement.
La société chinoise tout entière semble figée face à un tel déferlement de violence : un des témoins note que plus personne ne sourit dans les rues de Beijing. Les enfants eux-mêmes n’osent plus afficher leur joie ou leur enthousiasme, eux qui avaient l’habitude d’applaudir quand ils croisaient un étranger. Tout ce qui fait “non Chinois” doit disparaître du paysage : les marques des rares voitures sont effacées, les objets occidentaux sont au contraire exhibés pour montrer à quel point ils sont mauvais. Tout le monde doit montrer sa fidélité à Mao en affichant une de ses pensées de manière bien visible, sur le guidon de son vélo par exemple : ne pas le faire est un motif d’arrestation, donc de violence. Des adolescents, enrôlés dans les Gardes Rouges, insultent et battent à coup de ceinturons des vieillards considérés comme réactionnaires, donc ennemis du peuple. Ces mêmes Gardes Rouges ne semblent pas savoir se déplacer seuls et sans armes (gourdins, bâtons) : cela me fait penser à une horde de hooligans déferlant sur un stade pour en découdre, mais le contexte est bien différent et, là, c’est bien le pouvoir en place qui est à l’origine de ce déchainement de violence, et qui autorise les Gardes Rouges à entrer dans les maisons pour anéantir ce qui faisait le quotidien des habitants : meubles et objets sortis hors de la maison, à la vue de tout le monde, tandis que les habitants sont obligés d’assister à leur propre faux procès, accusations bidons en public, tout simplement parce-que ces personnes ont commis la gravissime faute de conserver des photos de famille sur lesquels on reconnait des hommes et des femmes ennemis du régime. La révolution n’était plus un moyen, mais une fin en soi.

—> Source :

—> Illustration : couverture du Petit Livre Rouge de MAO, que tous les Chinois devaient posséder et que les Gardes Rouges brandissaient.

Publié dans: on 2 octobre 2009 at 14:41 Laisser un commentaire
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La Chine, une grande puissance économique ? laissez-moi rire …

Conférence de l’APHG mercredi dernier à Bordeaux. Sujet : la Chine. Parmi les intervenants, deux pointures, deux talents oratoires : Thierry Pairault et Pierre Gentelle. Un régal. Je vais essayer de rapporter quelques unes des pistes ouvertes par ces deux universitaires concernant l’économie de la Chine, sans j’espère trahir leur pensée. Quelques idées en vrac (le vrac est de moi, pas des chercheurs cités plus haut) :

• La croissance du PIB de la Chine a frôlé les 10% en 2008. Cela peut sembler énorme si on compare aux économies occidentales, mais ce chiffre a-t-il un sens ? Il n’y a pas corrélation entre croissance du PIB et niveau de vie des populations. La même année, l’Angola a vu son PIB croître d’un peu plus de 15%, est-ce pour autant un pays riche ? La croissance du PIB de la Chine n’est ni si forte que ça (comparée à d’autres pays) ni exceptionnelle. Au regard d’autres indicateurs et en effectuant quelques exercices comptables que je suis bien incapable de reproduire ici, le taux de croissance du PIB devrait en théorie être beaucoup plus élevé (15 à 25%). Cela est à mettre en relation avec un des plus forts taux d’épargne au monde : 50% du PIB (par comparaison : 11% pour l’Union Européenne, moins de 1% pour les Etats-Unis). Une part de la croissance est-elle invisible pour les statistiques ? cette économie chinoise est-elle réellement rentable ?

• Une économie tournée essentiellement vers l’extérieur : c’est de là que viennent les investissements, c’est là que repartent les objets produits dans les usines chinoises. Ce choix de développement économique favorise la région littorale (14% du territoire), mais néglige le reste du pays. Forte croissance (quoique relative) n’implique donc pas amélioration forte du niveau de vie. Les inégalités se creusent, ce qui peut, à terme, provoquer une instabilité sociale (le coefficient de gini est supérieur à 0,4). Les 10% les plus riches détiennent un tiers du patrimoine, ce qui n’est pas sans ironie dans un pays communiste (par comparaison : en France, les 10% les plus riches détiennent un quart du patrimoine).

• La qualité des productions se heurte au faible niveau technique des travailleurs : ceux qui forment la population active aujourd’hui ont, en gros, été scolarisés dans les années 1990. L’école est certes obligatoire depuis 1986, mais l’application de cette loi n’a été effective qu’en 2000. Il y avait donc, dans les années 1990, entre 80 et 90% des enfants inscrits à l’école. Ce n’est pas rien, mais ça ne veut pas dire grand chose : l’absentéisme est fréquent (travaux dans les champs, faible contrainte familiale), certains inscrits n’ont jamais mis les pieds à l’école (pas de contrôle), d’autres ne parviennent pas à apprendre. Sur ce dernier point, les chiffres sont cruels : le recensement très fiable de 1990 montre qu’un tiers des enfants de 14 ans ne sont déjà plus scolarisés et qu’un autre tiers est encore à l’école primaire. Qui entre dans l’enseignement supérieur ? La population chinoise n’est donc pas, pour l’instant, si bien formée qu’on le dit. Cela ne s’arrange pas vite : les dépenses d’éducation y sont plus faibles que dans certains pays beaucoup plus pauvres, la scolarisation des filles n’est toujours pas systématique, peu de personnes accèdent à l’enseignement supérieur.

• La Chine récupère 4,5% des IDE mondiaux. Ce chiffre n’est pas si énorme que ça (France : 8,6%) d’une part, et d’autre part il est probablement sur-évalué (de l’argent sort en douce du pays et y re-rentre sous la forme d’IDE). Si l’on ramène le stock d’IDE au nombre d’habitants, ce chiffre est ridicule (stock d’IDE par tête presque 10 fois plus faible que la moyenne mondiale). Ces capitaux se dirigent pour les trois quarts vers l’industrie (moyenne mondiale : 23%), ce qui renforce le côté “pays atelier” et semble cantonner la Chine dans ce seul rôle. L’innovation n’a donc pas vraiment sa place : seule une minorité des demandes de brevets déposées chaque année est acceptée, ce n’est pas un hasard (lien notamment avec le problème de la formation évoqué plus haut : au final, il n’y a que 1% de la population chinoise qui est bien formée).

• Les IDE, bien que finalement assez faibles, soutiennent l’économie chinoise : ils entraînent 30% de la production industrielle et 60% des exportations. On a donc une opposition nette entre un secteur dynamique dominé par l’étranger et un secteur national moins dynamique.

• La Chine apparaît donc, au seul regard des chiffres, comme un nain économique. Le monde entier a l’illusion qu’elle progresse plus vite qu’elle ne le fait réellement, c’est notamment pour cela qu’une part des capitaux étrangers s’y dirige.

• A cela s’ajoutent, comme partout mais avec une acuité particulière, des problèmes environnementaux. La mode est au développement durable : la Chine suit un peu pour faire comme tout le monde, mais on peut aussi penser que la prise en compte des problèmes est réelle. Cela dit, la priorité reste le développement, polluant ou pas. En affirmant cette prise de conscience quant à l’environnement, la Chine récupère des fonds pour dépolluer.

Publié dans: on 26 septembre 2009 at 10:49 Laisser un commentaire
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Système D pour rester chic

Les années d’Occupation furent d’abord des années de pénurie, et pas seulement sur le plan alimentaire : hors de tout marché noir, il fallait bien se débrouiller avec ce qu’on avait, en tenant compte des restrictions. La mode n’échappe pas à la règle et les femmes, qui puisent largement leurs idées dans une presse florissante, n’en perdent ni leur féminité ni leur humour pour autant (il était à ce propos assez courant de broder sur un vêtement une croix et une bannière, montrant par là que les temps sont durs).
Pas questions d’acheter de vêtements neufs : c’est trop cher, et de toute façon il n’y en a plus. Les circuits habituels d’approvisionnement sont coupés (la production était pour moitié située en zone occupée voire en zone interdite ou annexée par l’Allemagne nazie) ou détruits (l’artisanat juif est interdit par les lois antisémites). Certains produits ne sont plus commercialisés, ou alors en très petites quantités : on impose ainsi une largeur maximale aux ceintures de cuir. Les maisons de mode s’adaptent : la ceinture fine devient tendance. Paradoxalement, la fourrure est non seulement autorisée sans limite mais même banale, du moins pour certaines peaux, dont le lapin.
Le système D aboutit à de véritables créations, peut-être pas toujours confortables, mais qui permettent aux femmes de vivre au quotidien : sacs gigantesques taillés dans des robes usagées ; bandoulières de tissus récupérés pour porter le fameux sac à vélo ; semelles de bois (créées par Heyraud) ; chapeaux de papier … Les plus grands créateurs entrent dans la danse, créant par exemple la ceinture de métal pour remplacer le cuir traditionnel (Hermès). Des accessoires jusque là peu utilisés sont remis au gout du jour, comme les mitaines qui permettent de garder les mains au chaud dans les logements sans chauffage suffisant, voire sans chauffage du tout. Les bas sont remplacés par une teinture directement peinte sur la jambe, avec trait de crayon noir pour donner l’illusion de la couture : simple teinture d’iode pour la classe moyenne, un mélange plus élaboré chez Elisabeth Arden pour les classes aisées. Les cheveux, récupérés dans la salon de coiffure, servent à la fabrication de chaussons. On ose enfin l’originalité pour elle-même, notamment pour les chapeaux qui arborent des matériaux surprenants, comme le coton hydrophile ou les copeaux de bois.

—> Source :

  • Dominique VEILLON, “1940-1944 : le front de la mode”, L’Histoire n° 345, septembre 2009.
Publié dans: on 28 août 2009 at 09:35 Laisser un commentaire
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L’appel de l’ouest

Le Télégramme résume aujourd’hui la dernière étude de l’INSEE concernant les migrations internes en France :

  • Ce sont les régions de l’ouest qui affichent désormais le plus fort solde migratoire, devant les régions du sud ; dans les deux cas, ces régions sont particulièrement prisées par les cadres,
  • Les départements ruraux connaissent un réel succès, y compris la Creuse et la Corrèze souvent présentées comme délaissées ; ce phénomène est très récent pour certains départements, dont le solde migratoire était nettement négatif il y a dix ans : c’est le cas du Cantal, des Deux-Sèvres, etc.
  • Les Français déménagent de plus en plus souvent : 10% d’entre eux ont déménagé lors de ces cinq dernières années, ces migrations bénéficiant aux régions au sud d’une ligne allant de la pointe de la Bretagne jusqu’à la Haute-Savoie,
  • Le déficit migratoire est sensible en Ile-de-France, où la population se maintient grâce à la natalité.
Publié dans: on 8 juillet 2009 at 20:10 Laisser un commentaire
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Ce sont ceux qui cultivent la terre qui souffrent le plus de la faim (air connu)

Un article du Monde (attention, le lien a une durée de vie très brève pour les non-abonnés) fait le point sur les victimes de la sous-nutrition, en enfonçant une fois de plus le clou : ce sont à 80% des paysans. Un tiers des paysans dans le monde doit acheter sa nourriture, ce qui n’a rien de paradoxal dans les pays riches (le céréaliculteur ne mange pas que du blé ou du maïs, il lui faut donc acheter tout le reste), mais qui devient dramatique dans les pays en développement, où bon nombre de paysans n’ont pas les moyens de dégager suffisamment d’excédents pour acheter ce qui manque ou pour cultiver pour leur propre consommation (ça prend aussi du temps, et quand on n’a que ses bras, ce qui est le cas d’un milliards d’agriculteurs …), d’autant plus que le prix des denrées alimentaires a plutôt tendance à augmenter.
Pour venir à bout de cette malnutrition, il faudrait pouvoir mettre en culture davantage de terres, ce qui permettrait de réduire les coûts des produits (mais aussi les profits pour ceux qui cultivent, gros et petits) : pas de problème a priori en Amérique Latine ou en Russie, et même en Afrique (400 millions d’hectares de savane guinéenne pourraient être cultivés).
Or, cette nécessaire augmentation des terres arables se heurte au réchauffement climatique, qui induit des tensions sur l’eau. A cela s’ajoute des problèmes purement financiers : l’article du Monde rappelle à nos mémoires la flambée des prix agricoles de l’été 2008 ; les phénomènes spéculatifs peuvent se reproduire à tout moment, empêchant des paysans, mais aussi des citadins, qui jusque-là mangeaient à peu près à leur faim, à se serrer la ceinture voire à connaître ce qu’autrefois nous nommions la disette.

A lire aussi :
— un autre article du Monde, qui insiste davantage sur les prix des produits agricoles : Les produits agricoles restent vulnérables à la spéculation sur les marchés dérivés.
— un article plus ancien publié en mai 2009 par Planète-Urgence, qui s’intéresse au dramatique paradoxe qui veut qu’un milliard d’humains aient faim, tandis que des tonnes de nourriture sont jetées chaque jour et que l’obésité gagne du terrain : Crise au Sud ou systémique du sous-développement ?

Publié dans: on 30 juin 2009 at 09:13 Laisser un commentaire
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Un voyage au long cours

Je reviens sur la question de la traite négrière, déjà évoquée ici hier, afin d’apporter un point bien concret sur les modalités de ce commerce : la durée du trajet.
Olivier Pétré-Grenouilleau, déjà cité hier et dont je suis en train de lire l’excellent Nantes au temps de la traite des Noirs (Hachette, 1998), a effectué le calcul à partir de plusieurs voyages au départ de Nantes à la fin du XVIIIè siècle :
— Le trajet de Nantes vers les côtes d’Afrique prend de un à quatre mois ;
— L’achat des captifs, souvent à des endroits de la côte assez éloignés les uns des autres, prend de un à six mois ;
— Le trajet des côtes africaines jusqu’aux Antilles prend un ou deux mois ;
— La vente des captifs aux Antilles et la constitution de la cargaison de retour prend de deux à cinq mois ;
— Le retour à Nantes prend deux ou trois mois.
Au total, une telle expédition dure une bonne année (13 mois et 21 jours en moyenne), la fourchette allant de dix à seize mois, mais on relève le cas d’expéditions plus laborieuses, qui ont duré deux ans.