Un voyage au long cours

Je reviens sur la question de la traite négrière, déjà évoquée ici hier, afin d’apporter un point bien concret sur les modalités de ce commerce : la durée du trajet.
Olivier Pétré-Grenouilleau, déjà cité hier et dont je suis en train de lire l’excellent Nantes au temps de la traite des Noirs (Hachette, 1998), a effectué le calcul à partir de plusieurs voyages au départ de Nantes à la fin du XVIIIè siècle :
— Le trajet de Nantes vers les côtes d’Afrique prend de un à quatre mois ;
— L’achat des captifs, souvent à des endroits de la côte assez éloignés les uns des autres, prend de un à six mois ;
— Le trajet des côtes africaines jusqu’aux Antilles prend un ou deux mois ;
— La vente des captifs aux Antilles et la constitution de la cargaison de retour prend de deux à cinq mois ;
— Le retour à Nantes prend deux ou trois mois.
Au total, une telle expédition dure une bonne année (13 mois et 21 jours en moyenne), la fourchette allant de dix à seize mois, mais on relève le cas d’expéditions plus laborieuses, qui ont duré deux ans.

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